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La sagesse est africaine, l'arrogance est nègre

Le nombre d'années passées sur les bancs de l'école occidentale ne
devrait pas seulement nous apprendre à lire et à écrire la langue du
colonisateur, mais aussi et surtout, à nous consolider dans notre
sagesse et notre tolérance, ces deux forces de la vraie culture
africaine.
Deux forces qui ont fait de Martin Luther King et de Nelson Mandela,
des hommes de valeur et de fierté au sein de la race humaine.
Malheureusement, pour bon nombre d'enfants colonisés, l'arrogance et
l'envie de se faire voir sont les seules façons d'être considéré comme
un intellectuel ou un homme de culture.

Parmi les sages africains qui ont reçu une éducation à la fois
familiale et scolaire, se cachent  des nègres arrogants, qui croient
tout connaitre, juste parce qu'ils ont eu la chance de fréquenter
l'école occidentale.

Ces nègres arrogants, contrairement aux sages africains, se croient au
sommet de l'Everest. Pour eux, seuls leurs diplômes et leurs vérités
comptent. Le reste des guinéens ou des hommes, n’est rien d’autre qu’un
troupeau de moutons.

Disons-le dès maintenant : ces pseudo-intellectuels se trompent
bougrement car, le savoir c'est comme l'ignorance, çà n'a pas de borne.
La différence entre le savoir d'un médecin et l'ignorance d'un
cultivateur semble être immense, mais en réalité elle est très minime.

Ces nègres arrogants sont faciles à reconnaitre. Ils s'affichent
souvent avec des idées négatives. “Tout ce qui n'est pas avec nous, est
contre nous”, clament-ils à tout vent, tout en traitant les autres de
moutons galeux ou de chiens enragés, qui ne méritent que l'errance ou
la mort. Ils oublient que, même déguiser en brebis, la louve restera
toujours la louve, et nul n'a besoin de lui enlever son masque pour la
reconnaître.


Contrairement au sage africain qui construit, conseille et nourrit le
respect partout où il se trouve, le nègre arrogant divise, diffame,
insulte, des fois sans même s’en rendre compte. Il passe à coté sans
voir, juge sans connaître, renie sans savoir. Finalement, on se rend
compte qu’il oublie que dans la vie, la profession importe peu, la
sagesse et l'esprit d'ouverture sont les seuls fondements d'une vie
harmonieuse. Des vertus chez l'africain.

 

Ces nègres arrogants n'ont aucun objectif pour la Guinée. Ils se disent
combattre le régime, mais n'osent pas dénoncer le système. Ils disent
qu'ils ne militent et ne défendant aucun parti politique et pourtant,
ils suivent de près, tout ce qui se passe dans la cours du Roi, et
souhaitent un tsunami politique qui va renverser le fauteuil
présidentiel, tout en épargnant des anciens collaborateurs qui sont
pour autant complices du système et corrompus jusqu'au os. Ils se
trompent, ces virtuoses de l’ambigüité.

 

Heureusement que ces nègres arrogants ne sont qu’une poignée de
personnes. La majorité, composée de sages guinéens, saura toujours leur
barrer la route, le moment venu. Car la vanité est tout ce qui compte
pour cette poignée d'individus.

 

Le point commun entre le nègre arrogant et le sage africain, c'est le
diplôme. Mais le sage africain n'a pas tout épousé chez le
colonisateur, contrairement au nègre arrogant qui fait des pieds et de
la tête, tous les jours et à chaque occasion, pour singer ses maîtres.
Sa façon de voir les choses se nourrit ainsi de la haine et l'envie de
marcher sur autrui.

 

Un guinéen de la Guinée trouvera normal qu'un italien ou un allemand
lui demande son passeport pour franchir leurs frontières, mais est cela
justifie-t-il qu’un nègre qui se dit « docteur » lui demande un test
d'A.D.N pour preuve de sa parenté ? Vaste plaisanterie ou folie de
grandeur.

 

On reconnait un esclave par le fardeau qu'il porte, et on reconnait un
peuhl par la parole qu'il transmet. Pas besoin d'.A.D.N. pour prouver
quoi que ce soit !

 

Malheureusement, le nègre arrogant, peu importe son diplôme ou sa
profession, restera toujours une honte pour sa nation et son peuple. Il
se croira toujours dans la jungle et face aux intempéries de la nature,
et il se comportera toujours comme un animal sauvage.

GUINEE : LE NOEUD GORDIEN




Ce titre qui  relève de la Mythologie grecque antique, est  passé de siècle en siècle jusqu'à nos jours dans l'expression trancher le nœud gordien d'un problème inextricable.

 

Son origine remonte à une légende liée à Alexandre le Grand (356-323 av. J.-C.). Gordias, roi  fondateur du royaume de Phrygie (Asie Mineure) avait un char, symbole de royauté dont un lien fixait le joug au timon. Un oracle avait prédit que la succession dans ce royaume  reviendrait à celui qui dénouerait le lien du char au nœud  extrêmement compliqué. En 334 av. J.-C., Alexandre le Grand tenta de défaire le nœud, ni parvenant pas, il le trancha d'un coup d'épée. C'est de cette légende qu'est née l'expression « trancher le nœud gordien » qui a dès lors  désigné, par métaphore, un problème inextricable qu'on règle par une action non conforme à ce qui est édicté. Dans le langage courant le nœud gordien caractérise donc un obstacle dont on ne peut pas venir à bout par les règles habituelles.

 


Pour les difficiles pourparlers en cours sur la Guinée à Ouagadougou, les Forces vives guinéennes peuvent-elles en  trancher le nœud gordien, comme sortie de crise? Pour autant que cette  crise en cours soit  lourde et semble insoluble, le Forum des Forces vives n'en  disposent  pas moins  d'atouts non négligeables qu'il faut  utiliser avec maestria. Outre les Forces vives, certains Guinéens  du camp de ceux qui  luttent contre une dictature  militaire (qu'on ne tarderait pas  à habiller  en civil), ont en tête  des variables de ces atouts. Avant d'arriver aux recommandations faites par  ceux  qui méditent et écrivent  à l'attention  des Forces vives  pour  trancher le nœud gordien de la médiation faite par Blaise Compaoré désigné par ses pairs de la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO),  je vais  faire un survol de l'ensemble de la situation guinéenne actuelle pour aboutir à ce que je sens , ce que je crois  pouvoir   être les  voies  incontournables  pour cela .

 


Je propose une marche en trois étapes tout en étant conscient que bien des aspects que je traite ont été soulevés par d'autres mais sur lesquels chacun  peut exprimer différemment son  sentiment personnel.; Les étapes que je propose sont les suivantes.

          1°) Les hommes du CNDD tels que je les jauge en tant que Guinéen, à l'échelle de l'Etat guinéen;
          2°) Les Forces vives, tels que je les sens, en tant que Guinéen, pour le service de l'Etat guinéen;
          3°) Trancher le nœud gordien de la situation guinéenne actuelle s'impose mais  pas   par l'immolation de Guinéennes et de Guinéens. Ceci est possible.

 



I.LES HOMMES DU CNDD TELS QUE JE LES JAUGE.

 


 L'évolution grand-guignolesque du Capitaine Moussa Dadis Camara et du Général   Sékouba Konaté leaders du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) est suffisamment connue des Guinéens au cours de l'année qui se termine  qu'il est à peine   nécessaire d'insister là dessus. Dans un article publié sur sites autour du 5 juin 2008: « Guinée - Que pouvons-nous attendre? », j'écrivais: »La sud américanisation de l'Armée guinéenne en pire est la chose la plus inquiétante qui pouvait arriver à la Guinée... Dans l'exemple de la mutinerie d'une partie de cette Armée, il s'est agi de sous-officiers et d'hommes de troupes, ayant séquestré et humilié leurs officiers supérieurs. Le comportement de malfrats de la pire espèce qu'ils ont eu ne doit , secrètement réjouir personne en particulier. C'est une habitude qui est prise depuis 1996 et qui a ressurgi en 2006, 2007, 2008 pour régler leurs  problèmes   d'intendance  sur le dos  de la population. Le comportement de ravalement de la hiérarchie s'est installé dans la longue durée  et sera l'ennemie de la démocratie tant souhaitée. C'est pourquoi personne ne doit se réjouir de cette situation . Les soudards qui constituent l'essentiel de l'Armée, ne travaillent pour personne en particulier mais pour eux-mêmes. Ils n'ont que faire de la nation guinéenne, encore moins de l'opinion internationale.

 

Nos soudards ont vu et enregistré  comment le généralissime Lansana Conté a gouverné et agi depuis vingt-quatre ans. Ils ont, pour certains, vécu ou entendu  comment le prédécesseur de Lansana Conté a gouverné et agi : tous deux par la force. Cela a marché pendant cinquante ans ; pourquoi la force ne continuerait-elle pas à régler les problèmes? Par delà les actes de vandalismes de soudards guinéens pour avoir une voiture à l'œil ou remplir son garde-manger sans bourse
 déliée, c'est l'état d'esprit qui s'incruste en eux qui est l'élément que tout responsable  politique devrait retenir », au lieu de se  réjouir en pensant que la chienlit de l'Armée pourrait lui profiter; Voilà comment je voyais l'Armée guinée avant le coup d'Etat du 23 décembre 2008.Je prolongeais
cette perception de l'Armée guinéenne  dans un autre article sur sites du 11 juin 2008: « Guinée – Ouvrons les yeux ».
Au sujet de la bande  de soldatesques arrivés au pouvoir par la force et qui se maintient par la force, on ne peut s'empêcher de penser à l'essai écrit par notre compatriote, feu Sako Kondé sur les équipes au pouvoir en Guinée de 1958 à 1984  et qu'il avait intitulé: « Guinée, le temps des fripouilles » (Paris, Edit. La Pensée Universelle, 1974, 221p.). Sako Kondé y brossait sans complaisance, la conception sans foi ni loi, d'individus y compris leur Chef  de  la gouvernance ne  reposant  que sur la force et la violence. La galerie de portraits retracés dans «Le temps des fripouille » peut se retrouver chez les hommes du CNDD, avec en moins l'apparente rigueur de méthode et d'idéologie.

 


   Pourquoi donc l' engouement populaire à l'annonce du coup d'Etat de décembre 2008?. Pour tous ceux qui connaissent l'évolution des cinquante années de la Guinée, cet engouement était justifié par le blocage et le glacis institutionnels auxquels on était parvenu et tout le monde ou presque   (partis politiques, opinion  publique et même l'Etranger) avait cru aux premières déclarations des membres du CNDD de faire rapidement le ménage par une courte période transitoire pour mettre le pays sur des rails institutionnels, pour ensuite regagner leurs casernes. Tout ceci a été dit solennellement à la face des opinions publiques nationale et internationale. C'est du reste pourquoi la plupart des condamnations extérieures du coup d'Etat en Guinée , n'étaient que des condamnations  de principe. On l'a vu en Mauritanie  où  le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, d'abord condamné à l'extérieur pour putsch mais  qui ne s'est pas accroché au  pouvoir en faisant massacrer des compatriotes, est à présent entré dans le club des nations civilisées.

 

 En   un jour, Dadis  et sa bande de criminels , ont abattu à l'arme de guerre, le 28 septembre, 157 Guinéennes et Guinéens et plus de 1200 blessés  (  au bas mot ) pour avoir, ont-ils justifié , « transgressé une interdiction de  manifestation »,mais en réalité pour supprimer toute contestation à leur soif de pouvoir. Malgré l'ampleur de cette ignominie, tranquilles comme Baptiste, lui et ses thuriféraires, occultent cet énorme forfait pour parler de deux poids deux mesures en pointant la tolérance internationale à l'accès   d'Abdel Aziz  à la Présidence de la Mauritanie. Au constat de cette référence à la Mauritanie   et au « confort moral » qu'affichent  Dadis et ses acolytes pour prétendre gouverner la Guinée,        tous les Guinéens sensés et le monde civilisé ne peuvent que  reconnaître que des  hommes si  dénués de scrupules et d'humanité méritent non seulement la disqualification aux charges qu'ils convoitent  mais aussi , le mépris absolu. C'est ce qui devrait  être la réponse à  la sauvagerie des hommes du CNDD. Ils ont montré en onze mois toute leurs limites à pouvoir gouverner la Guinée qui ne manque pas de problèmes à régler.

 


Accueillis en sauveurs par le peuple guinéen qui leur avait  ouvert un boulevard historique que des hommes doués d'un minimum de calcul politique, auraient pu aménager pour l'avenir; ils se grisés de pouvoir et  sont tombés en trois à  quatre mois dans la tambouille de courtisans-vers de terre . Ils se sont saisis de tous les thèmes qui pouvaient encore exciter les ressentiments  et  l'ardeur vengeresse d'un peuple recrus de  malheurs . Malheurs  de  cinquante ans de violence systématique ,de  mal gouvernance, de  pillages  économiques  du pays par son encadrement politique  civil mais également   militaire. De tout cela, a  été brandie la détermination  d'entreprendre  des    audits de gestions publiques,  de faire des élections libres, de  lutter  contre les narcotrafiquants,  de terrasser  l'ethnocentrisme,  etc. Naturellement tous ces thèmes se sont vite révélés être des coquilles vides, des attrape-nigauds.  

 

  Mais pas pour Dadis et ses  compagnons. Ils leur  ont servi à tenter   d' asseoir durablement leur mainmise  sur le pays. Ils  ont montré par là que ce qui les intéressait par dessus tout, était leur pérennisation au pouvoir à l'instar de leur  père spirituel Lansana Conté. Celui-ci qui a été le pilleur numéro des ressources économiques du pays n'a jamais été cité par Dadis dans ses élucubrations sur les audits. Et d'ailleurs lui-même Dadis, gestionnaire des carburants de l'Armée, autre entreprise juteuse d'Etat,  sous le régime de Conté, comment a-t-il fait  pour s'offrir les propriétés foncières qu'il possède à Conakry et ailleurs? Ce n'est sûrement pas  avec des économies sur son salaire de misère de capitaine de l'Armée guinéenne. Depuis qu'il s'est autoproclamé Président ,d'où tire-t-il tous les fonds financiers qu'il distribue   à droite et à gauche pour se constituer une clientèle politique, comme ces falots des   « Forces  patriotique »,ceux de « L'Alliance de l'Union démocratique de Guinée »? N'est-ce pas sur les deniers publics sans autorisation préalable et pour d'autres sur la logistique de l'Etat? Et son second Sékou Konaté, où a-t-il tiré, entre autres,  des fonds pour envoyer à titre privé 50 pèlerins  à La  Mecque?.Toutes ces manœuvres d'échafaudage de bana-bana à construire à la hâte des partis politiques fantoches pour se maintenir en place, montrent que Dadis et son brain-trust du CNDD n'ont rien retenu  en la matière des 50 années de la Guinée indépendante.

 

Le puissant et totalitaire PDG qui embrigadait tous les Guinéens à partir de l'âge de sept  ans ,  s'est écroulé ,un matin, le 3 avril 1984, dans l'indifférence générale. Or le PDG avait dans ses manœuvres de pérennisation publié de nouveaux statuts en 1969 dont l'article 3 stipulait: « Est membre du Parti Démocratique de Guinée, tout citoyen de la République de Guinée âgé de sept  ans au moins qui accepte le programme et les statuts, prend une part active à la réalisation des objectifs  fixés à l'article 1er, applique les décisions du Parti et acquitte ses cotisations » ( voir Horoya n° 1640 du 17 janvier 1969, p.2), tout cela ne lui a pas évité l'écroulement brutal. Le P.U.P. que Conté avait financé sur les deniers publics s'est effondré avant sa disparition.

 

Combien de temps  Dadis et consorts croient-ils que  les « Forces patriotiques » et autres, Alliance de  l'Union démocratique de Guinée , vont-elles tenir la rampe? Tous ces exemples sont cités pour signaler l'absence de vision du futur guinéen  des hommes du CNDD et qu'il ne faut pas leur faire confiance ,ne serait-ce qu'au regard de la froideur de monstres que la machine-CNDD a montrée en ce jour du 28 septembre 2009.

 


 Rien ne peut justifier une  confiance en ces criminels qui ont ainsi annoncé la couleur de la gouvernance qu'ils comptent installer, une fois consolidés. Pour toutes celles et tous ceux qui aiment la Guinée, méditez sur notre passé: de 1958 à 2008, quand des compatriotes étaient arrêtés et physiquement liquidés, les voisins ne se posaient pas de questions, jusqu'au  jour où c'étaient eux ou un des leurs qui étaient fauchés par la machine à tuer. Ce type de comportement est bel et bien présent encore aujourd'hui.


Les  aspects soulevés ici  de la gouvernance erratique de  cette étrange camarilla du CNDD sont  d'autant plus inquiétants  qu'elle  s'est affublée de personnages interlopes qui la desservent plus qu'ils ne  la servent à l'intérieur comme à l'extérieur. C'est le cas de ce Moussa Keita, Chef de la délégation du CNDD à Ouagadougou qui déclare à R. N. Sawadogo dans Fasozine, parlant des Forces vives: « Plus jamais, nous n'accepterons que des gens qui ont les mains sales dirigent la Guinée ».  Si l'on posait la  question  à des enfants de l'école primaire de n'importe quel continent de savoir  laquelle  des deux  mains de deux malfaiteurs est la plus sale ,l'une dégoulinante  de sang humain, l'autre pas de sang ; on peut sans aucun doute s'attendre à ce que la presque totalité des enfants désignent comme étant la plus sale, la main sanguinolente. Par conséquent les mains des  criminels soudards ,  couvertes du sang de nos compatriotes sont plus sales que celles de ministres qui ont volé des deniers publics et qui doivent  d'ailleurs  en  répondre autrement que dans le cadre d'une justification du CNDD pour se maintenir en place. Le diplomate du CNDD qui pose la question dans ces termes,  ne s' est même pas regardé dans un miroir  avant de répondre,  ou,  autre  explication de l' absente d'humanité du CNDD à travers son commis voyageur ,est que  quelques billets de banque de franc guinéen valent infiniment mieux que des vies de citoyens guinéens. A partir de là,  quelle  signification donnez-vous à ce type de  comportement ?...Ce n'est pas parce qu'on n'a pas eu  de parents directs dans le pogrom du 28 septembre 2009, qu'on peut aller jusqu'à se refuser de  se pencher sur ces massacres. Le CNDD  a une conception   de son rôle de dirigeant d'un pays si faible pour ne pas dire inexistant que cela  devrait encore le disqualifier plus  aux yeux des Guinéens et de l'extérieur.

 

 L'autre personnage  interlope dans les négociations de Ouagadougou et qui illustre l'incompétence rédhibitoire du CNDD à diriger un pays , est le nommé  Chérif Idrissa, ministre à la Présidence  chargé de la communication et de l'information. Celui-ci après des pérégrinations  non éclaircies hors de Guinée, tombe dans la mamaya de Dadis à Conakry, en épouse les rites et le langage et devient un personnage du système. Il commence par rassurer son patron lui affirmant que les menaces extérieures de sanctions contre la junte ne sont que des verbiages sans lendemains . A preuve, lui ,« le ferrailleur de pacotille» en a vu des belles de ces menaces  vite tombées dans l'oubli comme par exemple en Côte d'Ivoire où il vu qu'après  la mort de 4 000 personnes, les menaces d'embargo contre ce pays, n'ont pas  été suivies d'effets. Et dire que c'est ce paltoquet  qui a proféré   qu'on ne peut pas brader la dignité de la Guinée en laissant venir au pouvoir les dirigeants des Forces vives guinéennes. Mais c'est ce genre de personnages au verbe haut et sans consistance  qui peuplent les allées du Camp Alpha Yaya et « gouvernent » en ce moment  notre pays. Quelle descente...!.Chérif Idrissa sait, cependant ,  à quoi  s'en  tenir pour sa sécurité personnelle . A part les voyages encadrés de Conakry-Ouagadougou, il sait qu'il risquerait gros en s'aventurant ailleurs. Des personnages opportunistes de son espèce  doivent se dire qu'il faut vite profiter de l'aubaine qui fait de lui un ministre de laRépublique de Guinée, le temps que Dadis sera là.

 


J'ai cité ces deux cas (il y en a d'autres)  pour signaler l'extrême faiblesse  intellectuelle et morale des éléments disparates autour de Dadis et leur effrayante vacuité pour pouvoir parler au nom d'un pays.Pour s'être acoquinés  avec des personnages aussi peu recommandables, Dadis et les
membres du CNDD montrent aux Guinéens leur peu de considération  pour  eux ,pourvu qu'ils demeurent au pouvoir. Or l'amour de la terre natale, sans parler des hommes et des femmes qui l'habitent,  peut s'étendre ,pour des êtres normaux, jusqu'aux objets  inanimés environnants comme beaucoup de gens l'ont ressenti à travers les siècles et qu'exprime si bien le poète , dans ces mots:


                          «  Chaumière  où du foyer étincelait la flamme,
                           Toit que le pèlerin aimait à voir fumer,
                            Objets inanimés, avez-vous donc une âme
                            Qui s'attache à notre âme  et la force à aimer ? »


                          (Alphonse de Lamartine, 1790- 1869, dans « Milly ou l'amour de la terre natale).

 

Célébrer l'amour de la  terre natale ,de  la patrie, jusqu'à interpeler les objets environnants est encore aux antipodes  de la bestialité brutale et meurtrière des hommes du CNDD pour conserver le pouvoir. Encore une fois, ces hommes ont-ils une humanité? C'est un point sur lequel on devra  appuyer pour  la disqualification définitive de la bande du CNDD et ses acolytes.
                   
 L'apparente constitution en trompe-l'oeil  du gouvernement autour du CNDD ne laisse pas voir ouvertement une « ethnisation outrancière », pour  qui  ne  sait pas  lire entre les lignes. J'ai toujours écrit que cela me hérisse de vouloir toujours tout traiter sous l'angle ethnique .Mais j'ai aussi écrit que dans une nation en formation comme la nôtre , les politiques doivent tenir compte des sensibilités régionales, or, aussi bien dans le CNDD que dans le gouvernement, La Basse-Guinée et La Moyenne-Guinée, ont l'air de faire figure de  parents pauvres alors qu'elles sont aussi  démographiquement parlant de grandes régions. Même à ne considérer que  les deux autres régions  (Haute-Guinée et Guinée -Forestière), il apparaît qu'elles  ne sont pas équitablement traitées  en terme de géographie locale dans le gouvernement et la haute fonction administrative.

 

Pour prendre, en exemple,  la Guinée-Forestière, ceux de nos compatriotes qui utilisent facilement l'expression de « pouvoir forestier » se trompent lourdement . Ce pouvoir n'est pas forestier, autant que le pouvoir de Sékou Touré n'était pas  un pouvoir malinké, ni celui de Conté, un pouvoir soussou. Pour l'actuel pouvoir, il  vous suffit, cependant, de  consulter la composition du premier Gouvernement Komara, à la mi- Janvier 2009. Sur 30 ministres, un  noyau dur composé de l'entourage ethnique immédiat  (Guerzé)  de Dadis  tient  quatre  grands ministères de
souveraineté: Alexandre  Cécé  Loua aux Affaires étrangères, Dr Frédérique Kolié à l'Administration du Territoire et des Affaires politiques, Colonel Siba Nol amou  à la Justice, Papa Koly Kourouma (seul rescapé du Gouvernement Souaré)  à l'Education. Cette « ethnisation « trop condensée, ne concerne même pas tous les Guerzé
  qui  sont loin, d'ailleurs,  dans leur ensemble de constituer numériquement un ensemble significatif de l'ensemble de la Guinée-Forestière. Mais le noyau dur Guerzé  en question ne se situe que sur  l'unique axe Koulé-N'Zérékoré.   Le capitaine Claude  Pivi qui n'est pas à proprement parler Guerzé à rejoint ce noyau  comme  ministre à la sécurité présidentielle  et a  réussi à faire nommer ministre Alassane   Onipogui. Alors quand certains parlent allègrement de pouvoir forestier, où sont passés les Kono, les Toma, les Kissi, les Manon, les kouranko, les Malinké, Peuhl et autres durablement  installés en  Guinée-Forestière?

 

Telles sont des réalités qui dépeignent l'ethnocentrisme de Dadis   qui clame vouloir lutter contre cet ethnocentrisme, sans me référer ici aux milices qu'on dit venir des résidus des  guerres du Libéria et de Sierra Leone. Mais là-dessus, n'ayant pas d'informations précises, je ne peux pas dire plus.  Et s'il s'avérait  que certaines rumeurs qui courent sur ce sujet, sont fondées, je demeure persuadé que cette stratégie ne mènera à aucune pérennisation du pouvoir de Dadis et du  CNDD. Depuis les indépendances africaines, combien de chefs d'Etat n'ont-ils pas usé de stratagèmes, dépensé  d'énormes sommes d'argent pour la sauvegarde de leur fauteuil présidentiel. En vain!
   Ce sont là aussi des questions que des  internautes soulèvent et qui entraînent l'ire d'autres. Mais on devrait pouvoir   parler de tout cela sans s'étriper pour montrer toutes les façades du pouvoir d'imposture que Moussa Dadis Camara mène avec son char de CNDD. Comme les précédents pouvoirs, il faut que ceux qui soutiennent ce pouvoir fantomatique du CNDD qui  ne mènera la Guinée qu'à plus de ruines, se désillusionnent et deviennent réalistes. C'est certain que des margoulins (ministres ,hauts fonctionnaires ou autres) en profiteront pour s'enrichir personnellement mais ce n'est pas ce qui va faire progresser notre pays.      

 

 Guinéennes, Guinéens, mes compatriotes, de toutes régions, de toutes sensibilités politiques, de toutes confessions religieuses, ressaisissez-vous pour réorienter la Guinée vers une direction de  vraie démocratie, source de plein épanouissement humain pour tous les Guinéens. Les militaires guinéens, tels qu'ils sont, aujourd'hui, ne seront pas capables, en tant qu'inspirateurs et recours de la politique guinéenne, de réaliser l'aggiornamento de la démocratie et du développement de la Guinée. Il ne s'agit pas dans ces propos de rejet ou d'exclusion définitive de citoyens. Dans ce monde du XXIe siècle, il faut des hommes et des femmes qui se sont, de longue date, préparés à la gestion publique. Avec une accélération plus rapide de l'Histoire, cela devient une nécessité absolue. un militaire qui abandonne son métier d'armes et n'a plus de lien organique avec l'armée, pour se préparer à entrer dans l'arène politique , n'est plus un militaire mais un citoyen civil, qui une fois élu va appliquer la gestion civile à la société et non pas la gestion « mécaniste et robotique » des armées. Mais dans toute société, existe une division sociale du travail. Les militaires sont plus compétents que quiconque pour la défense du territoire national. Leur  prétention  basée sur des armes, pour  diriger
 des pays, notamment  en Afrique, est une des causes principales de la  stagnation, voire  de la régression de ce continent. Or pour l'Afrique, tendre la main pour obtenir des « aides extérieures » ou se prosterner aux pieds des bailleurs de fonds extérieurs pour les moindres projets et même pour organiser des élections  , n'offusquent plus grand monde,50 ans après avoir retrouvé notre dignité par l'indépendance. C'est pour toutes ces raisons que nous aspirons à une nouvelle forme de gouvernance assise sur une volonté librement exprimée  des citoyens guinéens et africains mais  non pas  par  la force des armes. C'est pourquoi, on ne peut pas accepter Dadis et le CNDD, car ils n'ont aucune vision précise de l'avenir de la Guinée en dehors des fantasmes. Ce n'est pas en sortant d'une boutique de distribution de carburants à des troufions qu'on peut raisonnablement s'ériger en manager d'une nation. Il est bien vrai que dans notre pays ,chacun se croit capable de tout faire et c'est pourquoi , nous sommes, aujourd'hui, en Afrique de l'Ouest, à part les discours creux,  l'une des nations les moins performantes sur le plan de la démocratie et du développement économique et social. Il faut que par nos forces assemblées, nous arrêtions cet état des choses.

 


Je crois que nos compatriotes qui luttent actuellement au sein des Forces vives et dans n'importe  quelles autres organisations pour une autre Guinée  que celle de l'Etat totalitaire et du caporalisme obscurantistes  de 1958 à 2009, doivent être soutenus. Je crois que les hommes et les femmes issus  des Forces vives et sans tutelle d'autocrates ignorants feront mieux pour la Guinée que des militaires semi-lettrés. Ces Forces vives  doivent être soutenues et encouragées , même si, aujourd'hui, le combat mené peut sembler sans issue. Ce genre de situation s'est souvent présentée  dans l'histoire des nations. Et le combat qui se mène  ne se déroule pas seulement sur le terrain comme on l'entend souvent mais également hors du terrain. Ce combat se mène aussi par la plume: livres, presse-papier, presse électronique etc. D'où la rage des Guinéens sur le Net mais cela devrait éviter les attaques personnelles  mais  conduire à la recherche d'arguments solides . 

GUINEE : LE NOEUD GORDIEN (Deuxième Partie) 

  Entre la publication de cette deuxième partie et la première de cet article est intervevu, à Conakry le 3 décembre , un règlement de compte sanglant entre le chef de la junte, le Capitaine Moussa Dadis Camara et son aide de camp Aboubacar Diakité dit Toumba.C'est connu, quand un Etat développe, si longtemps, la culture de la violence, personne ne peut raisonnablement croire qu'il ne peut pas en être victime, un jour ou l'autre. Le règlement de compte du 3 décembre, a été plus dramatique ( mais les Guinéens ont l'habitude de parler « d'incident malheureux » dans de pareilles circonstances), que n'ont semblé le dire les pitoyables thuriféraires du système du CNDD que sont notamment, les tisserins, Moussa Kéita et Idrissa Chérif. Cet « incident malheureux » a tout de même conduit le Capitaine dans un hôpital militaire du Maroc. Dakar plus proche gèographiquement de Conakry, a peut-être semblé, moins sûr
pour le patient en raison de la présence du grand nombre de Guinéens hostiles à son régime et à leurs tentatives de pressions bruyantes par des manifestations quotidiennes mais en raison aussi de la peur de l'entourage du chef du CNDD de le voir plus facilement arrêté qu'au Maroc, après ses soins, pour une destination, du genre de La Haye, aux Pays-Bas. Malgré des soins intensifs prodigués par des spécilistes chérifiens, il faut être réaliste. Selon toute vraisemblance, Dadis ne ressortirait, dans l'hypothèse optimiste , que profondément handicapé au physique .Autour de ce drame, c'est Alexandre Cécé Loua, Ministre des Affaires étrangères qui vient de tenter d'atténuer le ridicule qu'Idrissa Chérif répandait sur notre pays en essayant de faire croire qu'un pays étranger (la France) était le commanditaire de l'acte de Toumba alors que tout le monde sait que c'est un comportement de malfrats de la pire espèce,qui est devenu le réflexe conditionné de l'Armée guinéenne dans toutes ses composantes.Même s'il se peut aussi qu'on y trouve des éléments saints,isolés et muselés. Toujours est-il que les atrocités exercées sur deux soldats par d'autres et qui ont fait par vidéos, le tour du monde, ces jours derniers,ne constituent qu'une petite illustration de la férocité sanguinaire de cette Armée, devenue un ramassis de criminels invétérés. C'est en considération de tous ces aspects qui ne datent pas d'aujourd'hui, que j'ai écrit plus d'une fois que l'Armée guinéenne telle qu'elle est sortie du moule de Lansana Conté, n'était plus composée que de ,groupements de tontons macoutes ,en référence à la situation militaire qui prévalait sous les Duvalier père et fils en Haïti de 1957 à 1986 .J'ai plus d'une fois souligné aussi que ces tontons macoutes guinéens n'avaient ni la hauteur intellectuelle,ni l'épaisseur éthique pour mener le redressement de la Guinée. Bref les limites de Dadis et de ses compagnons sont apparues très vite aux yeux de bien de nos compatriotes ,au point que ceux-ci sont passés rapidement de l'enthousiasme populaire à l'arrivée de la junte au pouvoir à la désaffection grandissante . L'un des aspects flagrants de ces limites de celui qui voulait être l'inspirateur et le recours du redressement de la Guinée s'est concrétisé en le faisant tomber tête baissée, dans la souricière du camp Koundara.En effet après les massacres massifs du 28 septeptembre 2009 et l'annonce de la commission d'enquête internationale , ce n'était plus l'entente parfaite entre Dadis et Toumba et pourtant le patron n'a pas pu éviter le rendez-vous fatal où l'attendait son aide de camp.La suite est connue.Croyez-vous qu'une telle méconnaissance de son environnement (hommes
et choses), pouvait-elle permettre à Dadis de contourner les multiples embûches dans la gestion de l' Etat? Si la popularité du Capitaine dont parlaient tant ses soutiens et courtisans ,était réelle, comment expliquent-ils qu'au regard de la configuration géographique de la presqu'île de Kaloum, Toumba ait pu faire son coup et disparaître sans avoir été arrêté? Cela s'est passé le 3 décembre, nous sommes le 15 décembre. Il court toujours, mais les perroquets du CNDD ont réponse à tout pour faire taire sur leurs incompétences notoires en tout et leur vacuité insondable . Ils n'ont même pas conscience de cet état. Bref, les insuffisances multidimensionnelles des militaires guinéens au pouvoir sont de telles tailles que tout citoyen sachant lire, écrire et réfléchir, et même ayant des parents dans l'Armée, peut admettre que cette Armée ne peut pas réaliser l'aggiornamento de la démocratie et du dévelopement dans
notre pays. Ce constat n'est pas une critique à la personne physique de Dadis ou de Sékouba Konaté ou d'autres du CNDD, mais une invite à tout Guinéen capable de réfléchir à l'avenir de son pays et lui dire que cet avenir dépend et surtout de l'encadrement sociopolitique du pays (à la merci des caprices du Président), mais aussi de chacun des Guinéens. Les agitations pour tels ou tels hommes et femmes ne constituent pas l'essentiel. L'essentiel, au delà des belles intentions proclamées doit être la capacité physique, intellectuelle et éthique au service de son pays et tout ceci ne s'acquiert pas parce qu'on tient un fusil. Tous ceux qui ont poussé et encouragé Dadis, qui semblait peut-être sincère dans ses premières déclarations d'il y a un an, à s'entêter dans la quête du pouvoir avec leur théorie simpliste et fumeuse: (« Tu as conquis le pouvoir, tu l'organises et tu le conserves », sont aujourd'hui les
véritables responsables des malheurs qui lui sont arrivés le 3 décembre et dont sa famille souffrira des conséquences comme souffrent les familles qui ont perdu des leurs le 28

septembre 2009 . Ces choses ont beau être expliquées aux Guinéens, il s'en trouvera toujours qui s'accrocheront aux premiers bonimenteurs qui viendront leur promettre la lune.
C'est pourquoi, je demeure persuadé qu'il faut que le Forum des Forces vives plaident avec conviction, auprès de l'Union Africaine (UA), de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et de la Communauté internationale (Union Européenne (UE), USA, ONU), pour le retrait de l'Armée guinéenne de la vie politique guinéenne .Une fermeté sur ce point rendrait un immense service non seulement à la Guinée mais à d'autres pays africains.Ce n'est pas parce qu'on a des armes payées par la collectivité nationale pour sa défense que ceux qui sont commis à cette défense doivent se constituer en corps autonomes pour régenter toute la dite collectivité nationale.C'est ce qu'aurait pu exposer dès le d épart, aux envoyés du CNDD à Ouagadougou, un médiateur soucieux du droit des gens et il semble que tel avait été la feuille de route assigné à Blaise Compaoré par la CEDEAO. Se souvenant peut-être de son
propre itinéraire, parsemé de cadavres mais ayant malgré tout, avec les années, revêtu l'habit de la notabilité, Compaoré avait pensé que les délégués guinéens n'étaient qu'à la recherche de strapontins ministériels dans un gouvernement où les militaires du CNDD tiendraient le haut du pavé. Les vives réactions d'opposition des Forces vives à cette conception de la médiation , la forte intervention du Président de la Commission de la CEDEAO, Mohamed Ibn Chambas et le communiqué final de la 9e session du Groupe International de Contact sur la Guinée (GIC-G), à Ouagadougou le 13 décembre 2009, vont tous dans le sens d'une transition courte que les Forces vives guinéennes exigent composée de civils et suivie d'élections libres et démocratiques auxquelles ne participerait aucun membre du CNDD.En outre, les recommandations faites pour le déploiement d'une force de protection des civils et d'assistance humanitaire en
Guinée renforcent également l'engagement des Forces vives guinéennes dans le combat pour la démocratie en Guinée.

II – LES FORCES VIVES TELLES QUE JE LES SENS.

L'apparent déblocage institutionnel intervenu en Guinée,après l'instauration formelle du multipartisme politique, a été accompagné par des tentatives de coordinations d'actions des partis politiques de l'opposition , face au pouvoir de Lansana Conté.Sous diverses appellations successives, il s'agissait déjà de forum de l'oppostion politique qui a subi, à l'époque toutes sortes de critiques , notamment de la part de ceux qui n'étaient pas sur le terrain.Bien que fondées pour certaines, beaucoup d'autres critiques ne tenaient pas compte des difficultés de l'exercise du terrain. Les critiques les plus fréquentes étaient, entre autres,l'absence de synergie d'actions face au parti balbutiant de Conté (le P.U.P) qui s'accaparait de tous les leviers de commande de l'Etat pour se renforcer au pouvoir.Une autre critique était la stigmatisation sans nuance des partis de l'opposition qu'on qualifiait de fondés sur une base
ethnique.Je vais y revenir.
Au sujet des pourparlers actuels, sur la Guinée, à Ouagadougou, dans le cadre de la CEDEAO, tout le monde sait que le Forum des Forces vives


dont on parle, est assez flou dans bien des esprits, mais comporte d'une part, les Partis politiques et,d'autre part,le Mouvement social guinéen ( les 8 Centrales Syndicales de Guinée,le Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne et la Confédération patronale des Entreprises de Guinée « CPEG »).L'efficacité étant le but recherché dans le genre de pourparlers rappelés ci-dessus, j'avais, à un moment, pensé que les syndicats , la société civile et la cpeg n'y avaient pas leur place, leur but n'étant pas dirctement les problèmes discutés à Ouagadougou. Au demeurant ,sans être une obligation, parmi des dirigeants syndicaux , ceux de la société civile et ceux de la cpeg, certains doivent être, peut-être, adhérants d'un parti politique de leur choix.Les grandes centrales syndicales ont d'ailleurs montré leur efficacité au cours des évènements de janvier-février 2007 en partant de
leur champ d'action de lutte pour les revendications des travailleurs. A cette occasion, ils ont pleinement joué le rôle moteur qui avait été le leur, face à la bride au cou des leaders politiques par le pouvoir et l'atonie du militantisme politique.De même , malgré l'exception guinéenne en matière de négation de la démocratie, la Société civile guinéenne a rapidement pris un essor remarquable en peu de temps. Elle a également joué un rôle dans les dramatiques évènements de janvier-février 2007.Elle a commencé sous Conté à jouer un rôle de porte-parole de la démocratie, à chercher à travers des associations et des ONG des limites aux excès du marché et aux atteintes à l'environnement en sensibilisant l'opinion aux problèmes écologiques et enfin à mener diverses actions dans la lutte contre la pauvreté.Enfin les dirigeants de la CPEG ont fort à faire pour des créations d'entreprises (principaux agents de
production de la richesse de la nation). On voit donc que syndicats , société civile et entreprises ont des terrains féconds de multiples actions sur lesquelles ils doivent agir pour plus d'efficacité sociale au lieu de se disperser sur des activités de politique générale bien que tout se tienne. Les délégués des Forces vives à Ouagadougou ou ailleurs sur les grands problèmes politiques, devraient être des leaders politiques , ayant une expérience de débat du type des thèmes traités. Chacun de ceux-ci devraient se souvenir que ce n'est pas à l'étranger qu'on fait sa campagne électorale, ( à moins de déplacements spéciaux pour cela) , et il va de soi que les délégués doivent strictement agir et parler au nom de l'ensemble des leaders des Forces vives et je crois que c'est ce qui se passe jusqu'ici.
Je renouvelle ces remarques,déjà connues ou appliquées pour souligner qu'il faut en arriver en Guinée à la division sociale du travail.Or ce qu'on constate très souvent , dans notre pays , est toujours la mobilisation générale de tout le monde pour tout ce qui s'entreprend, autour de vastes forums, où chacun
est content d'être vu mais d'où il peut ne rien sortir de concret. Certes, un forum est une réunion avec débat autour d'un sujet qui peut certes enrichir tous les participants sur le thème traité, mais l'objectif d'atteindre des résultats concrets, comme c'est le cas des pourparlers de Ouagadougou ou d'ailleurs , peut conduire à limiter à un tout petit nombre de délégués porteurs du consensus qui a été dégagé en Guinée.Pour ce qui s'est passé à Ouagadougou, je crois qu'on a réussi, cette fois, à s'autodiscipliner. Cela est bon pour la suite de la bataille.
Je viens d'indiquer que ce type de mission doit revenir aux leaders politiques mais il faut absolument,qu'en dehors de cette mission, les Guinéens serrent les rangs autour des partis politiques de leur choix pour que cela mène à la démilitarisation de la vie politique dans notre pays.C'est la voie du salut démocratique .J'ai souvent écrit qu'il fallait éviter des critiques sans fondement contre ceux qui luttaient dans l'opposition sous le régime de Lansana Conté, dans un contexte de non droit et de situation économique et sociale difficile. Ceci est encore valable aujourd'hui. Ainsi, dans l' article: »Guinée – La guerre du feu », sur sites autour des 14-15 avril 2008,je présente une défense et illustration des partis politiques d'opposition pour des raisons qui me paraissent encore d'actualité dans ces jours de bataille rude pour la démocratie en Guinée.En substance, j'indiquais dans cet article les faits suivants:
a) l'instauration du multipartisme (formel) du début des annéés 90, doit beaucoup à l'action des grands leaders politiques de l'opposition même s'ils n'ont pas été capables de répondre par une action concertée à la demande de renouvellement politique souhaitée alors par la population réelle du pays.Mais l'absence d'Etat de droit, le difficile contexte économique ont joué contre eux.L'examen de ces aspects aurait dû ( doit toujours) conduire à des critiques constructives qu'à des philippiques enflammées.
b) les critiques fréquemment émises sur les fondements ethniques des partis politiques d'opposition ne m'ont jamais paru comme des critiques solides.Elles ignorent les réalités des régions nodales que sont nos quatre régions;Celles-ci doivent être perçues comme noeuds de toute une série d'interactions humaines, géographiques, historiques, économiques etc. Perçues comme noeuds dans l'espace national guinéen, les quatre régions peuvent servir de point de départ à des partis politiques,comme cela s'est passé ailleurs dans le monde, sans que ces partis soient catalogués d'ethniques, d'autant plus que la mobilité spatiale de la population depuis l'indépendance, a conduit dans chaque région à l'installation de minorités « allogènes » non négligeables . A long terme, les régions peuvent réciproquement irradier les unes sur les autres. Ces irradiations multipolaires des régions nodales finiront sous
l'impulsion de l'administration , des partis politiques et d'autres acteurs institutionnels par former un tout national homogène institutionnellement. On voit donc que de l'hétérogénéité des partis et des régions dits ethniques , on finira par obtenir une homogénéité nationale de composition des partis. Le parti ayant démarré à tel point du territoire national verra son odience proportionnelle étendue à tout le territoire national.Il faut du temps mais c'est le schéma d'évolution que j'imagine pour les partis d'aujourd'hui.Et ce ne sont pas des ukases ou des récréminations qui changeront l'état actuel des choses. Si les leaders ont la fibre nationale et sont en puissance de véritables hommes et femmes d'Etat, il n' y a pas de raisons valables de les accabler d'ethnocentrisme. Question d'ailleurs sur laquelle, on doit être vigilant.L'ethnocentrisme se maintiendra si certains continuent de s'accrocher à des ignorants bavards.
Une politique d'éducation de la jeunesse par des écoles répandues aux quatre coins du pays aidera à consolider l'évolution dans l'unité guinéenne en construction.
Les contremaîtres de ce chantier de construction sont nos leaders politiques qu'il faut encourager au lieu d'affaiblir alors qu'ils ne sont pas les responsables directs de la catastrophe guinéenne.Ceux qui sont coupables de malversations dans la gestion des biens collectifs , doivent en répondre mais pas dans le cadre d'un choix entre militaires et civils pour le gouvernement de la République de Guinée.L'encadrement militaire n'a pas non plus des mains propres sur ce chapitre. Lansana Conté et ses officiers supérieurs ont été autant des pilleurs des ressources économiques du pays que des ministre et cadres supérieurs civils.Mais les militaires n'ont jamais été visés par les campagnes d' audits annoncés par Dadis.Tout le monde se souvient,comment en juin 1979, un Conseil Révolutionnaire des Forces Armées ghanéennes,conduit par le capitaine Jerry Rawling s'est emparé du pouvoir pour lutter contre la corruption; les deux
précédents Présidents , les généraux Acheampong et Akuffo sont fusillés. Le ménage fait d'abord dans l'armée, Rawling remet trois mois après, le pouvoir aux civils en septembre 1979 et le Docteur Hilla Limann est élu Président. Même si Rawling est revenu deux ans plus tard, le Ghana a amorcé lentement une évolution positive dans sa construction qui ne s'est pas encore démentie.Le Ghana est aujourd'hui une démocratie , politique ,économique et sociale solide de l'Afrique de l'Ouest.
Ces observations m'amènent à affirmer que les Forces vives représentées par des leaders politiques solides diposent des atouts solides dans les pourpalers de Ouagadougou et dans d'autres pourparlers à venir. Je reviendrai sur ces atouts, mais d'ors et déjà, il faut signaler que:
a) Le CNDD a montré ses limites à diriger un peuple par ses méthodes barbares qu'il a étalées aux yeux du monde entier.Si des discussions ne peuvent pas les conduire à se retirer de la scène politique, les Forces vives doivent persuader,d'une part, comme cela se passe déjà , plutot bien , l'UA et la CEDEAO,et, d'autre part, la Communauté internationale d'intervenir en Guinée pour ,au moins, défendre la population contre son armée composée de criminels récidivistes.
b) Ceux qui mettent en doute l'éventualité d'une intervention extérieure en Guinée, parce que des déclarations extérieures ne se font pas entendre sur la crise guinéenne,ne me semblent pas avoir compris certaines choses.En ce qui concerne la CEDEAO, on ne peut plus dire qu'il y a désintérêt,bien au contraire, car c'est à la suite d'une déclaration sur cette crise par Mohamed Ibn Chambas, Président de la Commission de la CEDEAO, défavorable à Dadis que les deux folkloriques diplomates du CNDD (Moussa Kéita et Idrissa Chérif) avaient voulu surseoir leur participation à la suite des discussions menées par Compaoré, pour,esuite s'y rendre le 13 décembre. Par ailleurs la dicrétion sur le sujet,observée par certains , du côté de la Communauté internationale (Union Européenne, USA), après des condamnations sans ambiguïté des massacres du mois de septembre, est sans doute , due au fait de ne pas gêner
l'Union Africaine (son Président de la Commission de l'UA, Jean Ping) et la CEDEAO.Il ne faut d'ailleurs pas oublier que l'intensité des condamnations des criminels du CNDD ne pouvait pas laisser indifférentes l'UA et encore moins la CEDEAO auprès de laquelle les Forces vives ont une vraie carte à jouer.Enfin quand on parle de la Communauté internationale et notamment les pays occidentaux, certain Guinéens sont toujours prêts à ressortir des rengaines éculées sur le néocolonialisme et l'impérialisme des années 60.On a même entendu l'Archevêque de Conakry, recourir à de tels arguments pour expliquer les massacres du 28 septembre dernier .Le pauvre Idrissa Chérif vient encore de trouver dans l'attentat de Toumba contre Dadis, la main de la France, alors que lui et Toumba étaient souvent mains dans les mains sans qu'il ait pensé un instant reconnaître en lui un agent étranger.Bref tout ce contexte explique sans doute que
des commentaires ne soient pas fréquemment entendus dans des milieux dirigeants occidentaux ,mais qui, je le pense, ne demeureraient pas inactifs à prendre des mesures conformes au droit international et à la protection des droits de l'homme si les Africains les y pressaient.Pour ce qui concerne les Nations Unies , une Commission d'enquête internationale sur événements du mois de septembre s'est déjà rendue en Guinée.
Les Guinéens doivent donc serrer les rangs derrière les principaux partis politiques que tout le monde connaît et dont les leaders ont montré par un long combat qu'ils sont mieux préparés que des miltaires pour concevoir un projet politique de société et assumer la gestion des services de l'Etat guinéen.C'est ce que je crois.Cette assertion n'est pas un appel à un comportement moutonnier des citoyens mais à l'encouragement de contributions constructives en lieu et place de diatribes velléitaires.

(A SUIVRE)


Pr Ansoumane Doré
(Dijon, France) 
             
                                 

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Jeudi 15 juillet 2010 4 15 /07 /Juil /2010 11:57

L’habitude est une seconde nature. Ce proverbe trouve sa véracité chaque jour qui passe en République mamaya de Guinée. Les suppliques, les demandes de pardon, les manifestations de soutien, telles sont des habitudes dont les institutions « républicaines » et coutumières auront du mal à se défaire.

Les Prosélytes de Konaté

Le co-auteur du coup d’état du 23 décembre 2008 et auto désigné chef de l’Etat à peine une année plus tard, retient ses « larmes » à la RTG. Dans une complainte dramatique, il « menace de démissionner » parce que les militants d’un parti politique auraient porté atteinte à son honneur. Il n’en fallait pas plus pour remettre en branle les machines très huilées des mouvements de soutien et de demandes de pardon. On remarquera, comme c’est habituel en Guinée, que ce ne sont pas les « responsables de l’offense » qui demandent pardon, mais les institutions républicaines et coutumières.

Les nouveaux  convertis au Konaté, moins d’une année après avoir décerné le qualificatif de père de la Nation au « Moïse » Dadis Camara, se sont empressés d’aller supplier le Président Ministre de la Défense qui vient de se décréter général des armées.

Des dévots, le Conseil National de Transition était le plus fier de son « œuvre de médiation ». Mais médiation entre qui ? Konaté et Sidya ? ou Konaté et le peuple ? Puis après tout peu importe, cela a été une réussite, comparé à la conférence de réconciliation nationale avortée qu’il avait prévu d’organiser sans réelle préparation.

Au pays où les présidents, aussi bien dictateurs que putschistes deviennent automatiquement des divinités tout en étant comparés à des prophètes, les responsables des institutions font preuve d’ingéniosité pour montrer leur servilité au nouveau chef par leurs actes et leurs paroles. Sans revenir sur le cirque des institutions républicaines le jour de la pseudo menace de démission, les mots d’un des vices présidents du CNT méritent attention. Elhadj Mamadou Saliou Sylla explique sur Guineenews : qu'« en tant que deuxième vice-président du CNT, j’ai pris la parole pour demander au général Konaté d’accepter les excuses (de Sidya). J’ai cité en conséquence ce qui est arrivé au prophète de l’Islam qui a été lapidé, insulté et chassé de la Mecque et de Thaïf. De la même façon, j’ai expliqué pour les chrétiens ce qui est arrivé au prophète Jésus. Celui-ci a eu toutes les peines du monde, il a été insulté, frappé et crucifié. Mais, ces grands prophètes ont finalement dit : ‘’ Dieu ! Pardonnez-leur.’’ Nous avons demandé donc au président de pardonner. En définitive, à notre entendement, le chef de l’Etat a ainsi accepté de pardonner ». Consternant !Le peuple doit vraiment prier pour que les responsables politiques et des institutions cessent de blasphémer et mettent en adéquation leurs actes et paroles avec leur foi. Leur paraître ne doit pas être en décalage avec leur « moi intérieur ». De grâce, qu’on cesse l’abrutissement de la population aux fins de servilité comme c’est le cas depuis l’indépendance.

Un autre suppôt de Konaté est le premier Ministre de la Transition, Jean Marie Doré  qui a trouvé une autre occupation comme  l’autre fer de lance des mouvements de soutien à Sekouba. Tous ceux qui viennent des régions, coordinations ou gouverneurs passent par lui pour transmettre leurs messages de soutien au général Tigre qui n’est frappé par aucune affliction, mais fait juste les caprices d’une jeune mariée.

Tout à son nouveau rôle de coordinateur des mouvements régionaux de soutien à Konaté, le Premier Ministre laisse échapper des propos qui montrent sa méconnaissance de la loi.

Jean Marie Doré ignorerait-il la loi ?

Profitant de la présence de la presse dans son indéfectible soutien au général des armées, Jean Marie Doré ne manque pas de lancer des piques à la Commission électorale nationale « indépendante ». Il affirme « Je vous avoue qu’au moment où l’on proclamait les résultats de l’élection, certaines urnes continuaient encore à parvenir à la CENI. Pourtant elle avait suffisamment reçu d’argent plus qu'elle n’en avait demandé. De 30 milliards réclamés pour un premier temps, il a été finalement mis à sa disposition 45 milliards de nos francs. Ce qui pouvait lui permettre d’acheter des véhicules pour pouvoir mener à bien les déplacements et de faciliter la centralisation rapide des résultats… ».

Parallèlement à sa  complainte pour ce qui arrive à Parouski, Jean Marie Doré présente aussi ses propres doléances. Il regrette ainsi le manque d’implication du ministère de l’Administration du Territoire dans l’organisation des élections, ce qui selon lui aurait limité les cafouillages.

Par ses propos, Jean Marie Doré montre sa méconnaissance de la loi électorale.

Le Ministère de l’Administration du territoire a toujours été associé à la gestion électorale. Dans les textes et dans les faits.

Dans la loi instituant la CENI, l’article 2 prévoit la collaboration entre la CENI et le MATAP pour les élections et le référendum et ce à tous les niveaux : la conception, la prise de décision, l’exécution, l’inscription sur les listes électorales jusqu’à la proclamation des résultats provisoires.

Que Jean Marie arrête de jouer au mélodrame. Le nouveau code électoral réaffirme cette collaboration.

Il dispose que « La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) est l’Institution chargée de l’organisation de toutes les élections politiques et du référendum en République de Guinée.

Elle est techniquement aidée par les départements ministériels concernés par le processus électoral notamment le ministère en charge de L’administration du territoire ».

Faut-il aussi rappeler à JMD que le 1er avril 2009 Frédéric Kolié et Ben Sekou Sylla avaient signé un protocole d’accord sur les modalités de collaboration entre le MATAP et de la CENI. Entre autres ces deux principaux acteurs du processus électoral  avaient prévu des rencontres régulières pour renforcer leur collaboration.

Alors Jean Marie, il faut potasser pour connaître la loi et voir ce qu’il faut corriger au lieu de nous divertir avec le tribunal suranné cathodique de la RTG qui diffuse des aveux dont on ne sait dans quelles circonstances ils ont été obtenus. Il en est de même pour la CENI qui doit urgemment rectifier ses erreurs.

CENI, de grâce cessez de vous ridiculiser

C’est un secret de Polichinelle ! Tout le monde sait aujourd’hui que la CENI n’a jamais assimilé ce qu’elle représentait. Dans un pays où la dévotion au chef est une « coutume » ancrée dans les mentalités, la CENI n’a jamais compris la notion « indépendante » de son sigle, ni le fait que ses membres doivent être indépendants et agir en leur âme et conscience et non pour plaire au chef. Si la CENI avait compris qu’elle était indépendante, l’ordonnance de Dadis de janvier 2009 plaçant la CENI sous son autorité n’aurait jamais existé et Ben Sekou n’aurait jamais déclaré le 29 janvier 2009 que  « je n’ai pas peur que la CENI soit placée sous l’autorité du CNDD ». Hélas, aléa jacta  est.

La CENI qui existe depuis novembre 2007 vient de brillamment montrer aux électeurs guinéens son incompétence et sa désorganisation. La seule chose qu’on puisse désormais attendre d’elle est qu’elle reconnaisse ses limites et fasse en sorte que les dysfonctionnements constatés au premier tour ne se reproduisent plus.

Mais peut on attendre la perfectibilité de cette CENI ? Le doute est permis au regard des dernières sorties de Pathé Dieng.  Ce dernier passé maître dans l’art de la diversion affirme sans sourciller  « Il n’y a pas eu de date officielle pour le second tour car, au moment où on proposait cette date, le nouveau Code électoral et la nouvelle Constitution n’étaient pas encore promulgués. Selon l’article 28, alinéa 2 de la nouvelle Constitution, le second tour de l’élection doit se tenir quatorze (14) jours après la proclamation des résultats définitifs par la Cour suprême. Donc, à ma connaissance, aucune date officielle n’a été fixée »

Ahurissant ! Les Guinéens sont télépathiques. Leur inconscient collectif les a fait tous penser que le second tour aura lieu le 18 juillet. Trop fort !

Au lieu de voir comment éviter les fraudes, les bureaux doubles et autres doubles ou triples électeurs, empêcher que les urnes ne passent leur nuit chez les chefs de quartiers, Pathé Dieng se perd dans des explications qui ne convainquent personne.

Lorsqu’il dit « quand on proposait cette date, le nouveau code électoral et la nouvelle constitution n’étaient pas encore promulgués », il parle de quelle date ? du 27 juin ou du 18 juillet ? S’il parle du 27 juin, cela est vrai mais cette date n’a jamais posé de problème à qui que ce soit. Alors quel est l’intérêt de nous en parler ? Mais s’il parle du 18 juillet, dans ce cas il se fourvoie. Cette date a bel et bien été fixée après la promulgation des deux textes, puisque la date du 18 a été fixée dans le courant du mois de juin.

Que la CENI reconnaisse qu’elle n’a pas tenu compte de tous les facteurs avant de proposer le 18 juillet au général Konaté, ce ne sera qu’une erreur de plus après la sortie insultante de Ben Sekou Sylla sur les Guinéens de l’Extérieur. Mais qu’elle cesse de se ridiculiser et se mette sérieusement au travail pour rectifier le tir.

Après la rédaction de cet article, guineenews a publié l’information faisant état d’une  décision conjointe  signée par le ministre  de l’Administration du territoire et des affaires politiques (MATAP) Nawa Damé et le président de la CENI Ben Sékou Sylla prévoyant que « Une commission composée de vingt deux (22) membres du MATAP et de douze (12) membres de la CENI doit se rendre incessamment dans les 33 préfectures pour le recrutement des membres qui sachent lire et écrire ».

Doit-on comprendre que des membres de la CENI ne savaient ni lire, ni écrire ? On a également l’impression d’une inversion des rôles, ce n’est plus la CENI qui pilote mais le MATAP et la CENI est passé de principal responsable à celui qui assiste le MATAP. Jusqu’où va aller l’improvisation ?

« Cette mission doit s’occuper du découpage. Elle doit reprendre la formation des membres de bureau de vote. Bref, il s’agit de corriger toutes erreurs et les fautes qui ont été enregistrées lors du premier tour… ».  Certes cette intention est louable et nécessaire mais au vu de la situation, du passé douteux du gouvernement dans le processus électoral et l’amateurisme et désinvolture de la CENI dans le recensement et le scrutin du premier tour, il faut plus miser pour un grand renfort d’observateurs internationaux de l’Union européenne voire de l’Organisation des Etats américains (OEA).

Armée, dans les casernes

Quant à notre armée, après ses pluies de médailles et de grades qu’elle vient de se décerner qu’elle nous rende publique le rapport que lui a remis le général Lamine Cissé chargé par l’ONU de la restructuration de l’armée guinéenne. Qu’elle arrête de terroriser la population et les leaders politiques par des menaces et intimidations. Ce n’est pas à elle non plus d’arrêter les citoyens. Elle doit apprendre quel est son véritable rôle dans un Etat de droit, savoir où se limitent ses sphères de compétences et cesser d’empiéter sur les attributions de la police et de la gendarmerie.

Hassatou Baldé

 

Quelques dispositions utiles du Code électoral pour, espérons le, limiter les erreurs au second tour

Art 77 […]Tout électeur atteint d’infirmité, le plaçant dans l’impossibilité d’accomplir ses formalités de vote, est autorisé à se faire assister d’un électeur de son choix.

Art 80

[…] Immédiatement après la clôture du scrutin, il est procédé au dépouillement de la manière suivante :

L’urne est ouverte, les enveloppes sont comptées et placées par centaine dans une grande enveloppe dite « enveloppe de 100 ».

Si le nombre d’enveloppes ne correspond pas à celui  des émargements, il en est fait mention au procès verbal.

Le dépouillement dans chaque Bureau de vote se fera devant les représentants des candidats ou listes de candidats à raison d’un délégué par candidat ou liste de candidats.

Article 83 : Les suffrages obtenus par candidat ou listes de candidats sont totalisés et enregistrés par le Secrétaire du Bureau de vote.

Dans chaque Bureau de vote, les résultats du dépouillement font l’objet d’un procès-verbal  rédigé à l’encre indélébile.

Il comporte, s’il y a lieu, des observations ou réserves des candidats ou de leurs représentants.

Le procès-verbal de dépouillement est établi en

plusieurs exemplaires, signés par les membres du Bureau de vote.

Immédiatement après le dépouillement, et dès l’établissement du procès-verbal, le résultat du scrutin est  rendu public par le Président du Bureau de vote et affiché par ses soins dans la salle de vote. Ce résultat n’a qu’une valeur provisoire.

Art 84

Chaque Bureau de vote transmet, sans délais,  une copie du procès-verbal au Démembrement de la CENI accompagné des pièces qui doivent y être annexées, le tout pour être remis à la Commission Administrative de Centralisation des votes.

Il est annexé à  cet exemplaire du procès-verbal :

  • Les bulletins annulés par le Bureau de vote ;
  • Une feuille du dépouillement des votes dûment arrêté ;
  • Les réclamations rédigées par les candidats ou leurs représentants ;
  • Eventuellement les observations du Bureau de vote concernant le déroulement du scrutin.

Art 85 :

 Le second exemplaire du procès-verbal  du Bureau de vote est adressé sous pli scellé par les voies les plus rapides au président de la CENI.

Le troisième exemplaire est adressé sous pli scellé par les voies les plus rapides au Ministre chargé de l’Administration du Territoire, pour information.

Les quatrième et cinquième exemplaires sont transmis respectivement aux démembrements concernés (CESPI, CEPI et CECI.).

Enfin, il doit être remis à chaque représentant de candidat ou liste de candidats une copie du procès-verbal des résultats provisoires.

Art 89

Tout candidat ou son représentant dûment habilité, dans les limites de sa circonscription électorale, a le droit de contrôler toutes les opérations de vote , de dépouillement des bulletins  et des décomptes des voix dans tous les locaux où s’effectuent ces opérations . Il peut inscrire au procès-verbal toutes observations ou contestations sur le déroulement desdites opérations.

Par Le Concurrent - Publié dans : politique
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