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BARRY TUTANKHAMON

BARRY TUTANKHAMON

"le savoir est une patrie et l'ignorance une terre étrangère"


Sidiki Kobélé KEITA ou le dernier des Mohicans

Publié par LA VOIX DE LA REPUBLIQUE sur 29 Avril 2021, 07:56am

Le Dernier des Mohican (1826), c'est le titre d'un roman de l'écrivain américain , James Fenimore Cooper ( 1789-1851). Ce roman médite avec nostalgie sur la disparition des Amérindiens sous la poussée coloniale en Amérique du Nord.
En Guinée, nous avons encore quelques derniers Mohicans qui n'ont pas fini de méditer
avec amertume,sur la disparition du Parti-Etat de Guinée, le PDG-RDA, de sinistre mémoire. Les derniers Mohicans guinéens ne sont pas dans la même situation que des Mohicans amérindiens, c'est seulement sur le plan de la nostalgie d'une époque perdue que j'ai fait le rapprochement. Je crois que Sidiki Kobélé Keita (S.K.K. ) en demeure un. {jcomments on}
 
 
Faut-il participer aux commentaires de son  texte paru sur le web site gbassikolo? Je n'en avais franchement pas envie et mes raisons sont nombreuses :
 
C'est d'abord que partout où des hommes ont fortement été allaités au nectar d'une dictature sanglante , ils en demeurent à jamais liés pour le restant de leur existence.Ils ne voient, ne mesurent les hommes et les choses qu'à l'aune de ce qu'ils considèrent comme le paradis perdu. Ils ne  peuvent donc plus  percevoir que le monde change et que ce changement demande à ceux qui ont un certain âge un examen de conscience sur son passé pour pouvoir s'y adapter. Aux équipées que nous voyons chez notre compatriote S.K.K., je crois qu'il fait partie des fossiles humains de Guinée qui n'ont plus rien de positif à transmettre aux jeunes générations de Guinéens. Ils ont été à la source de tous les maux dont souffre encore aujourd'hui la Guinée. Parler de la considérable incurie de la gouvernance de Lansana Conté, Moussa Dadis Camara, Sékouba Konaté, renvoie à la formation du Guinéen nouveau formaté par l'idéologie nihiliste et sanguinaire de Sékou Touré que défend encore, l'historien S.K.K. C'était là la première raison qui me commandait de ne pas participer aux commentaires de son texte.
 
 
Il y a une deuxième raison qui est d'ailleurs liée à la première. C'est que notre compatriote se prétend historien. Et quel historien ! Il a publiée des œuvres à la gloire d'une des dictatures les plus destructrices de son peuple au XXe siècle et où sont passées sous une chape de plomb ces destructions matérielles et morales d'un peuple. S.K.K. qui a fait ses études supérieures en France, n'avait pas dû avoir connaissance de ces mots de François de Salignac de Fénelon (1651-1715) qui recommandait aux historiens ce qui suit : « Le bon historien n'est d'aucun temps ni d'aucun pays : quoi qu'il aime sa patrie, il ne la flatte jamais en rien … Il évite le panégyrique et les satires : il ne mérite d'être cru qu'autant qu'il se borne à dire, sans flatterie et sans malignité le bien et le mal … Toute sa critique se borne à donner comme douteux ce qui l'est et à en laisser la décision au lecteur, après lui avoir donné ce que l'histoire lui fournit.»
 
 
Ceci était dit parce que Fénelon pensait que « chacun doit infiniment plus au genre humain , qui est la grande patrie, qu'à la patrie particulière dans laquelle il est né. » S.K.K., comme historien, s'est comporté diamétralement à l'opposé de cette conception de l'historien pour se mettre,en hagiographe, au service d'une cause, celle du Parti-Etat de Guinée, le PDG-RDA qui a détruit la Guinée dès sa naissance à la souveraineté internationale. Sous une apparence de loyauté indéfectible, il ne lui est d'ailleurs pas resté aussi attaché qu'il l'affiche , hors des élucubrations. Mon ami Mamadou Billo Sy Savané, Benn Pepito, Baren Soumah et d'autres ont déjà posé ,depuis le 26 avril,des questions très précises sur l'héritage en Guinée et ailleurs du PDG qui n'ont pas encore eu de réponse. Et S.K.K. continue de parler de débats contradictoires. Débattre avec quelqu'un qui a des idées fixes ?  Allez donc ! Je viens de citer son apparente fidélité au PDG-RDA . Apparente fidélité ? Il semble, car on est perdu devant son   opportunisme. A  preuve après le renversement par coup d'Etat du régime de Sékou Touré auquel il consacré tous ses écrits, il a servi successivement les auteurs de ce coup d'Etat en devenant d'abord Conseiller du Ministre de l'Enseignement supérieur, puis de novembre 1994 à octobre 1997 , Chef de cabinet civil du Général -Président Lansana Conté , tombeur du régime de Sékou Touré,son idole. Dans les schéma courant qu'on connaît, ce genre de mutation pour un idéologue du niveau de S.K.K., dans un régime comme celui qu'il défendait, est rarissime. De mon point de vue , il reste et ne restera qu'un opportuniste avec lequel on ne peut entamer des débats contradictoires sérieux . Il est incapable de ce type de débats, car l'école du PDG inculquait qu'elle était seule à infuser la vérité historique.Selon les termes d'un autre idéologue du régime du PDG, Louis Béhanzin, alors Secrétaire d'Etat à l'idéologie, « Il faut à tout prix, par tous les moyens, que les élèves soient convaincus que Sékou Touré représente la vérité absolue, que lui seul détient les connaissances dont a besoin le peuple guinéen, que seule sa pensée doit servir de modèle et d'exemple dans la formation et dans l'action pour le mieux-être de la Guinée. » (cf Perspectives Nouvelles, n° 40, 1974). C'était le moule dans lequel étaient intellectuellement et psychologiquement formés des adultes comme des jeunes de cette époque. 
 
 
La sempiternelle référence aux complots contre la Guinée à sa naissance, encore que ces complots aient été parfois ;très exagérés, les Archives de Foccart et d'autres centrales barbouzes axés sur la jeune nation ne peuvent pas être niés.Mais on ne peut arrêter définitivement les aiguilles au cadran de l'horloge de l'histoire de notre pays à ces réalités d'autres temps. D'autres pays en vu de semblables et s'en sont sortis. Sans oublier ces faits, la Guinée doit avancer sur la voie du progrès des nations. En outre Sékou Touré avait sa part dans les malheurs tombés sur notre pays.Quand, par exemple dans un village ou une ville, un père et  sa famille sont attaqués par des gens de l'extérieur, la sagesse de ce père doit être de resserrer les liens de la famille autour de lui. Mais lui, père de la famille Guinée, s'est mis à persécuter, puis à tuer des membres de cette famille, car il n'est pas possible que tous les ministres et autres Guinéens massacrés, aient comploté contre le pays.Certains pendus et tués au Camp Boiro avaient  même été d'éminents serviteurs de l'Etat guinéen. Des affidés comme S.K.K. n'abordent jamais ces réalités.Ils se focalisent sur des œuvres d'un dictateur dont personne ne voit des traces. Si je posais à S.K.K., comme Sy Savané l'a fait ce que représente ,aujourd'hui, le PDG-RDA, parti politique unique de Guinée de 1958 à 1984 et héritage du leader démiurge Sékou Touré, il ne répondrait pas car ce type de question n'est pas du domaine de la vérité historique. Mais je lui dis quand même qu'aux dernières législatives de 2014 ,où tous les opposants étaient logés à la même enseigne, le PDG-RDA, n'a recueilli que 0,32 % de voix d'électeurs guinéens. Cette réduction à une dimension aussi groupusculaire du parti-peuple comme on le disait à Conakry dans les années du règne du grand Syli, aurait fait réfléchir bien des hommes sur la poursuite d'un combat dépassé et inutile. Que les années PDG-Sékou Touré soient et demeurent comme des  années très sombres de l'histoire du peuple guinéen,ce sont là des réalités incontournables qui demeureront dans la mémoire collective.Mais des années lumière, ce sont là des falsifications que nous devons dénoncer.    Et dénonçons sans relâche ceux dont la   seconde nature est de  s'installer ad vitam aeternam dans la dénégation des malheurs subis par le peuple guinéen.
 
 
La lecture d'un texte de S.K.K. vous démontre ce côté ambigu du personnage qui se veut « vêtu de probité candide et de lin blanc » et qui se lance dans des propositions qui n'étaient  pas  les entremets favoris du « dialogue » de leur philosophie politique. La prégnance de ce système usé sur lui est telle que son texte en suinte. D'abord le style emphatique de l'époque, à commencer par l'incontournable pronom personnel NOUS pour le simple JE . Je sais bien que quand nous étions jeunes, on nous disait pour les rédactions de français que le MOI était haïssable. C'étaient ,là, les influences de la littérature française du XVIIe siècle sur les Maîtres. Mais pour des adultes que nous sommes devenus et dans le cadre de ce genre d'échanges sur forum internet, le pronom JE fait plus modeste que l'emphatique NOUS. Une autre caractéristique de cette époque honnie était l'alignement de tohu-bohu de mots sans significations. Mais cela constituait une délectation des hiérarques qui gravitaient dans la sphère du PDG. Les jeunes Guinéens d'aujourd'hui ont besoin de simplicité et non de s'engoncer dans des certitudes stériles d'hommes qui ont perdu tout sens d'humanité. Quand on parle des massacres de nombreux Guinéens dont on ignore les lieux de sépulture pour certains et la compassion qu'ils devraient avoir pour les familles des disparus, des hommes comme S.K.K. demeurent de marbre et comme atteints de psittacose vous énumèrent les conquêtes planétaires de Sékou Touré. La déclaration de guerre aux Peuls de 1976 est racontée dans le texte cité  de façon cynique comme si aucun témoin de ces faits n'était plus vivant.
 
 
Il y a des lecteurs qui peuvent être gênés  que je reprenne ces faits anciens. Il faut qu'ils sachent que, bien que ce soient les cruels et actuels maux de notre pays qui importent ; des septuagénaires comme moi (S.K.K. en est aussi),veillent à ce qu'on n'intoxique pas les jeunes générations d'histoire falsifiée, de mensonges et d'imposture comme cela s'est fait tout au long de l'histoire de la Guinée. Personne, en particulier ne détient à lui seul la vérité sur cette histoire.Mais ceux qui ont contribué à la destruction de ce pays sont moins bien placés que d'autres pour venir raconter n'importe quoi. Si les prédateurs avaient un tant soit peu d'honneur, deux attitudes s'offraient à eux : la repentance ou le silence. Je suis convaincu que des survivants de la longue et dramatique nuit de Guinée ont dignement opté pour le silence et la prière intérieure pour implorer le pardon de Dieu le Créateur pour leur participation à l'ignominie perpétrée sur notre pays.
 
 
Ansoumane DORE
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